« Les coups d’Essays de ma plume et de  mon burin »

SENAULT (Elisabeth).

Heures nouvelles dédiées à Monseigneur le Dauphin

écrites et gravées par Elisabeth Senault.

A Paris, chez l’Autheur, rue de bussy a la crois blanche au fauxbour st Germain et au Palais, chez Jacques le Gras, s.d. [décembre 1694].

Petit in-12 de (2) ff. et 212 pp. – Maroquin rouge verni, dos à nerfs, titre doré, coupes bordées de métal argenté, gardes de tabis rose, tranches dorées (reliure de l’époque).

 

Provenance : Jeanne Asselipse (mention de possession manuscrite en fin de l’ouvrage, à Dieppe en 1724)

VÉRITABLE ET RARE ÉDITION ORIGINALE DU PREMIER OUVRAGE GRAVÉ D’ELISABETH SENAULT.

 

À la mort de Louis Senault en 1680, sa fille Elisabeth, « dans un âge un peu avancé », s’affirme comme calligraphe et graveur à part entière et publie ces ravissantes heures, d’une grande délicatesse, parsemées de bouquets, guirlandes, arabesques et jeux calligraphiques qu’elle qualifie modestement de « coups d’Essays de ma plume et de mon burin ». Cette toute première réalisation personnelle d’Elisabeth Senault est bien plus rare que les équivalents dus à son père Louis Senault.

 

À la recherche d’une datation

 

Les principales bibliographies consultées donnent l’originale comme étant celle à l’adresse Paris, Claude de Hansy, s.d.. Sa date exacte est malaisée à définir : d'après Lottin (que la plupart des auteurs semblent reprendre sans apporter de contradictions particulières), elle se déduit de l'adresse de Claude de Hansy au titre ("Sur le pont au change"), laquelle aurait été active au plus tôt à partir 1695 (voir également le seul exemplaire recensé au CcfR, celui de la bibliothèque Sainte Geneviève).

 

Or notre édition, à l’adresse additionnelle de Jacques Le Gras, qui lui était actif à Paris dès les années 1760, est recensée au mois de décembre 1694 dans le Journal des Savans pour l’Année MDCXCIV, Tome vingt et deuxième, Amsterdam, Waesberge, boom, van Someren, 1695 ; cela semble donc militer pour une impression dans le courant de l’année 1694.

 

Jusqu’à preuve du contraire notre édition serait antérieure à celles recensées et vraisemblablement la véritable édition originale. Elle est surtout d’une rareté insigne, car elle figure ni au CCfR, ni dans aucune des institutions publiques internationales dont nous avons consulté les catalogues en ligne.

 

Notre exemplaire porte en outre au bas du titre une mention manuscrite, vraisemblablement de la main même d’Elisabeth Senault, indiquant un changement d’adresse ultérieur : « Le dit autheur loge a present rue des mauvés garson au haut qui donne la rue de bussy, à l’aigle royal au fauxbour st Germain ». Il nous a été indiqué des tirages postérieurs portant effectivement cette adresse, gravée à la place de « rue de bussy à la croix blanche… ».

 

 

Il a d’autre part été enrichi à l’époque, avant la reliure, d’une page manuscrite calligraphiée sur vélin à l’encre rouge et bistre, encadrée d’un filet doré, avec une jolie lettrine composée de branches de roses, intitulée caractères de la charité tiré de Saint Paul et qui établit le modèle de la conduite au féminin : la charité est patiente…elle ne s’enfle point d’orgueil…elle ne se réjouit point de l’injustice…

 

Il s’agit d’un supplément que l’on trouve dans d’autres ouvrages gravés par Elisabeth Senault et que l’on pouvait probablement lui commander pour personnaliser un cadeau.

 

 

Exemplaire très élégant de cette édition rarissime.

Les pages gravées sont bien contrastées et sans aucune rousseur (ce qui est loin d’être toujours le cas). Les coupes de la reliure en joli maroquin janséniste glacé, sont bordées d’une gouttière en argent rivée sur les plats.

 

3000