Le premier livre imprimé à Bourg-en-Bresse
Une encyclopédie mythologique

BACHET DE MEZIRIAC (Claude-Gaspard).

Les Epistres d’Ovide traduittes en vers françois.

Avec des commentaires fort curieux. Par Claude Gaspar Bachet, S. de Méziriac. Première partie.

Bourg-en-Bresse, Jean Tainturier, 1626.

In-8 (182 x 105 mm) de (14) pp., 1014 pp. et (1) f. (blanc) – Maroquin rouge, encadrements dorés (double, triple et simple en pointillé) sur les plats, avec fleuron d’angle et sur les cotés de l’encadrement central, dos à nerfs richement orné, coupes dorées, dentelle intérieure dorée, tranches dorées (reliure anglaise de l’époque).

 

Provenance : Bibliothèque des ducs de Devonshire à Chatsworth (étiquette armoriée).

IMPORTANTE ET RARE ÉDITION ORIGINALE des commentaires de Claude-Gaspard Bachet sur les Épitres d’Ovide dont il réalisa également la traduction.

La page de titre indique une première partie qui est la seule qui parut. Une seconde édition fut publiée en 1716 sous le titre Commentaires des Épistres d’Ovide.

Natif de Bourg-en-Bresse, Claude-Gaspard Bachet fut avant tout un grammairien et un mathématicien de renom. Il enseigna au collège des Jésuites de Milan avant de se consacrer à la traduction de poètes latins et de mathématiciens grecs.

Une véritable encyclopédie de la mythologie

Cette importante édition vaut surtout par la densité et l’érudition des commentaires qui constituèrent dès sa parution une manière d’ouvrage de référence pour tous les auteurs et littérateurs ayant à puiser dans le corpus mythologique. Le style est fluide et agréable pour un sujet souvent traité avec raideur et aridité. L’impact de l’ouvrage dut également beaucoup au parti pris linguistique de Bachet de proposer en français une traduction claire et accessible qui repose sur une étude comparative des traductions latines et des manuscrits existants et sur sa volonté de caler ses vers sur les principes de perfection poétique tel que Malherbe était en train de les imposer. La qualité de ce travail littéraire ne fut pas pour rien dans le fait qu’en 1635 l’Académie française le reçut l’un des quarante premiers de ses membres.

Le premier livre imprimé à Bourg-en-Bresse

Cette importante édition est selon Deschamps la première à avoir été imprimée à Bourg-en-Bresse par les soins de Jean Tainturier. « Nous ne pouvons faire remonter plus haut que 1626 l’imprimerie dans cette ville : Les Epistres d’Ovide, à Bourg-en-Bresse, chez Tainturier, 1626 ». On peut peut-être expliquer cette date, somme toute relativement tardive, par la proximité de Lyon dont le rayonnement et la puissance de l’industrie du livre depuis le début du XVIe siècle absorbaient une partie des besoins d’imprimerie des petites villes voisines. Il semblerait que Jean Tainturier, qui se présenta également comme libraire à partir de 1630, soit venu de Lyon ou de Dijon. Il fut néanmoins le seul imprimeur de la cité bressane jusqu’à sa mort en 1648.

Très bel exemplaire dans un maroquin anglais de l’époque et d’une provenance prestigieuse. Très rare dans cette condition.

Habiles restaurations à la coiffe supérieure et aux mors

Brunet, IV, 291 ; Deschamps, Dictionnaire de Géographie, 227 ; Lachèvre, Recueils collectifs de poésies, II, 251 ; Sirand, Bibliographie de l’Ain, pp. 14-15.

1800