Les Nouvelles de la sœur de François Ier un soir de pluie dans les Pyrénées

NAVARRE (Marguerite de).

L’Heptameron ou histoires des amans fortunez

des nouvelles de tresillustre & tresexcellente Princesse, Marguerite de Valois Royne de Navarre. Remis en son son vray ordre, confus au paravant en sa premiere impression : & dedie à tresillustre & tres vertueue Princesse Jeanne, Royne de Navarre, par Claude Gruget Parisien.

Lyon, Loys Cloquemin, 1572.

In-16 (121 x 74 mm) de 812 pp. , (6) ff. (table) et (4) ff. (blanc) - Vélin ivoire à rabats, dos lisse avec titre manuscrit, traces d’attaches (reliure de l’époque).

UNE DES TOUTES PREMIERES ÉDITIONS DE POCHE AU FORMAT IN-16.

La première édition donnée en 1558, après la mort de Marguerite de Navarre (1492-1549), sœur de François Ier et grand-mère d’Henri IV, et avant que le recueil ne reçut ce titre, était incomplète ; ce n’est qu’en 1559 que Claude Gruget publia l’ouvrage complet des soixante-douze nouvelles avec leurs débats. Le succès fut immédiat et plusieurs éditions furent rapidement publiées dont de nombreuses, comme celle de notre exemplaire, au format in-16 qui, pratique pour le transport et la lecture, amplifia ainsi la diffusion de ce chef-d’œuvre.

En dépit d’une insertion dans le prologue indiquant « n’escrire nulle nouvelle qui ne soit véritable histoire », l’Héptaméron est inspiré par le Décameron de Boccace, les Cent Nouvelles nouvelles (anonyme du XVe siècle) et certains fabliaux du Moyen Age. Il s’en diffère néanmoins par l’insertion d’un soupçon de touche morale et surtout par l’importance d’une certaine convivialité littéraire et aristocratique à l’instar de celle que Marguerite de Navarre sut entretenir autour d’elle.

Cinq hommes et cinq femmes, tous d’extraction noble, se retrouvent fortuitement dans une abbaye des Pyrénées. Bloqué par la pluie et pour « adoulcir l’ennuy » chacun d’eux racontera à tour de rôle une histoire authentique dont la communauté s’attachera à dégager le sens et la leçon. Peut-être encouragé par cette audience strictement mixte, la plus grande partie des histoires tourne autour de l’amour et des rapports entre les sexes traités sans parti pris polémique. Tous les types amoureux semblent défiler au fil des narrations : couples fidèles, « transis d’amour » préférant mourir que de déclarer leur flamme, mais aussi moines paillards, femmes avides de plaisir et amants volages. « Apart from its intrinsic indisputable literary qualities the work can also be considered the first literary attempt by a woman to seriously explore the relations of the two sexes. » (Alex Erdmann).

Exemplaire très pur remarquablement conservé dans son vélin de l’époque.

Petite tache à un coin d’un plat.

Tchemerzine-Scheler,  IV, 380 ; Brunet,  III, 1417, (« il existe plusieurs autres éditions de ces contes, imprimées de format in-16…. et dont on cherche les exemplaires bien conservés »), Suppl. A-M, 945 (mentionnant par erreur (7) ff. de table) ; Alex Erdmann, My Gracious Silence, Women in the miror of the 16th century printing in Western Europe, pp. 115, n° 112 (pour la première édition complète de 1559).

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