L’UN DES LIVRES PHARES DES TEMPS MODERNES

 

DE LA GUERRE À LA POÉSIE

 OU LA MODERNITÉ DE L’ESPRIT DE COUR.

CASTIGLIONE (Baldassare).

Il Libro del Cortegiano del conte Baldesar Casteglione.

Au colophon: In Venetia [Venise] Nelle Case delli Heredi d'Aldo Romano, et d'Andrea d'Asola suo suocero [Alde], 1533.

In-8 (164 x 100 mm) de (8) ff. (le dernier blanc), 215 ff. (colophon au v°) et (1) f. comportant l’encre aldine au v° (a-z8, A-D8, E4) - Plein maroquin brun, dos à 3 nerfs prolongés soulignés d’un filet à froid, titre doré, plats encadrés d'une large roulette de rinceaux estampée à froid, fer aldin doré répété en écoinçon, dégageant un encadrement quadrilobé doré au centre des plats portant le titre de l'ouvrage, tranches dorées, imprimé en caractères italiques (reliure de l’époque restaurée).

TRÈS RARE SECONDE ÉDITION ALDINE, LA PREMIÈRE PORTATIVE, ENTIÈREMENT IMPRIMÉE EN ITALIQUE DU COURTISAN DE CASTIGLIONE.

Marque aldine sur le titre et au verso du dernier feuillet.

 

La première édition, in-folio, parut également à Venise chez Alde en 1528. L’ouvrage eut une immense renomée et fit imédiatement l’objet de nombreuses éditions successives. Alle Gentili, dans sa préface, annonce notre édition de 1533, la seconde imprimée dans la prestigieuse officine vénitienne des Alde, comme plus correcte que la première (cf. Renouard, p.108). Elle est entièrement imprimée en italique. La première et rarissime édition française sera imprimée en 1537, à l’instigation de François Ier.

 

Dénommé par Charles Quint le meilleur chevalier du monde, Baldassare Castiglione (1478-1529) qui avait aussi séjourné à la cour d’Henri VIII en Angleterre en 1507, fut ambassadeur à Milan, puis prêtre et devint nonce du Pape en Espagne. Il vécut longtemps dans l’atmosphère raffinée de la cour des Montefeltre, à Urbino, où Raphael peignit son célèbre portrait (maintenant au Louvre). Rédigé sous forme de conversations tenues pendant quatre soirées à la cour d’Urbino, le livre met en scène la duchesse Elisabeth Gonzague, César Julien de Médicis, le cardinal Bibbiena et l’Arétin. Il décrit la noblesse d’âme, la délicatesse et le goût pour les arts nécessaires au gentilhomme pour être un courtisan accompli et traite également des dames de Cour et des différents jeux de l’amour et autres formes du sentiment.

 

Sans conteste un des chefs-d'œuvre de la littérature italienne, mais aussi un des textes les plus importants qui, avec Le Prince de Machiavel, ont cristallisé l’essence même de la Renaissance et eurent un destin vraiment européen.

 

"The Courtier depicts the ideal aristocrat, and it has remained the perfect definition of a gentleman ever since. It is an epitome of the highest moral and social ideals of the Italian Renaissance, many of them inspired by classical examples ... The book was translated into most European languages … » (Printing and the Mind of Man, n° 59, pour l’édition Aldine de 1528).

 

Comme le montre son succès pendant près de trois siècles auprès des courtisans, diplomates, hommes d’États et hommes de lettres, la société européenne des Temps Moderne s'est reconnue dans le personnage du parfait Courtisan dessiné en ce début du XVIe siècle. L’idéal chevaleresque du Moyen Age et l'idéal culturel de l'Humanisme, les armes et les lettres s'unissent pour former un modèle qui inspirera par la suite d'innombrables variations (Rabelais, Montaigne, Cervantès, Shakespeare, pour ne citer que les plus grands, retiendront les leçons du comte Baldassar), et ce jusqu’aux élégances et raffinements du XVIIIe siècle.

 

Bel exemplaire de cette rare et élégante édition vénitienne.

Reliure restaurée, plats et une partie du dos conservés.

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