LA RARE PREMIÈRE TRADUCTION ANGLAISE

 

PARUE À PARIS EN MÊME TEMPS QUE L’ÉDITION ORIGINALE FRANÇAISE

RÉAGE (Pauline) [AURY (Dominique)].

The Story of O.

with an Essay by Jean Paulhan.

Paris, Olympia Press, juin 1954.

In-12 de 188 pp. (la dernière non chiffrée) et (2) ff. - Maroquin violine à petit grain, décor estampé à froid de deux anneaux courant sur le dos et les deux plats, tête dorée, couverture et dos conservés (reliure de l’époque).

 

Provenance : Gérard Nordmann (Vente 2006, I, n° 343).

 

ÉDITION ORIGINALE DE LA PREMIÈRE TRADUCTION EN ANGLAIS D'HISTOIRE D'O, PUBLIÉE CHEZ OLYMPIA PRESS EN JUIN 1954, EN MÊME TEMPS QUE L'ORIGINALE FRANÇAISE.

 

ELLE EST D’UNE GRANDE RARETÉ.

La maison d'édition Olympia Press fut fondée en 1953 par Maurice Girodias, le fils de Jack Kahane, l'éditeur des grands romans de Henry Miller, et Georges Pelorson-Belmont. Girodias poursuivit ainsi l'œuvre paternelle en publiant des textes érotiques, mais aussi Beckett, Miller, Durrell, Burroughs, Nabokov, ainsi que les traductions anglaises des œuvres de Jean Genet.
Mais la publication d'Histoire d'O qu'il entreprit en langue anglaise fut un objet de discorde entre Girodias et son ami Jean-Jacques Pauvert, tous deux assez impécunieux à l'époque et partageant le même local rue de Nesle.
« Je lui avais communiqué le manuscrit du livre avant la sortie de mon édition, or je venais de m'apercevoir qu'il avait bâclé une traduction en deux mois et qu'il la sortait en même temps que moi " affirma Jean-Jacques Pauvert.


De fait, la traduction faite par Baird Bryant, dont le nom n'apparaît pas, s'avéra parfois un peu approximative. La célèbre et importante préface de Paulhan Le Bonheur dans l'esclavage, reléguée en appendice, fut titrée A Slaves' revolt ! Dominique Aury, elle-même traductrice, était selon les termes de Pauvert " effondrée ", mais (alors complètement anonyme pour ) elle n'avait guère les moyens de s'opposer à Girodias, celui-ci ne se privant pas de publier des rééditions à sa guise. Il fit cependant retraduire le texte deux ans plus tard, par Austryn Wainhouse, mais sous un nouveau titre The wisdom of the lash. Il y eut enfin l'édition américaine officielle par Barney Rossett (Grove Press) en 1966, avec une troisième traduction, par Sabine d'Estrée (pseudonyme de Richard Seaver).

LA PRÉSENTE TRADUCTION RESTE CEPENDANT LA PREMIÈRE À AVOIR FAIT CONNAÎTRE LE LIVRE D'ABORD PARMI LES ANGLOPHONES DE PARIS PUIS PLUS LARGEMENT DANS LES MILIEUX INTELLECTUELS AMERICAINS. La précipitation maladroite de Girodias atteste du moins qu'il avait compris l'importance du livre et ne se faisait pas prier pour le publier, si possible avant tout le monde.

PRÉCIEUX EXEMPLAIRE DE LA COLLECTION NORDMANN. Elle manque à la plupart des autres grandes collections de curiosa passée sur le marché. Curieusement elle semble manquer également à la Bibliothèque nationale et autres institutions françaises (CCfr).

 

Très bel exemplaire.

Dos de la reliure légèrement passé.

Jean-Jacques Pauvert, La Traversée du livre, Viviane Hamy, 2004, pp. 234-236. 

3500