LE PREMIER LIVRE D’HISTOIRE EUROPÉENNE

 

LA FONDATION DE L’HISTORIOGRAPHIE MODERNE

 

GUICHARDIN (François).

Histoire des guerres d’Italie. 

Ecritte en italien par Messire François Guicciardin, Gentil-homme Florentin, Docteur és loix : & traduitte en François par Hierosme Chomedey, Gentil-homme, & Conseiller de la ville de Paris. Reveue et corrigee de nouveau.

Paris, Michel Sonnius, 1577.

 

Grand in-folio de (4) ff., 479 ff. et (5) ff. – Vélin ivoire rigide à rabat, filet d’encadrement doré sur les plats, grand fleuron central doré sur les plats, dos lisse, filets dorés marquant les faux-nerfs, petits fleurons dorés, titre manuscrit, traces d’attaches, tranches mouchetées rouge (reliure de l’époque).

 

Provenance : Comte de Cuvelier (étiquette de bibliothèque sur la page de titre).

 

TRÈS RARE ÉDITION EN FRANÇAIS DE L’ŒUVRE HISTORIQUE MAJEURE DE FRANÇOIS GUICHARDIN, FONDATRICE DE L'HISTORIOGRAPHIE EUROPÉNNE. EXEMPLAIRE DE PRESTIGE EN GRAND PAPIER DANS SON VÉLIN DORÉ DE L'ÉPOQUE.

 

Cet œuvre absolument fondamentale pour l’Histoire Européenne parut pour la première fois en français à Paris en 1568 chez Turrisan. 

 

François Guichardin fut ambassadeur de Florence auprès du roi Ferdinand II d’Aragon, puis du pape Léon X. Il fut surtout, à l’instar de son ami intime Machiavel un historien de premier ordre.

Pour lui l’historien est citoyen, et son propos ne peut pas ne pas être politique. Comme pour Machiavel qui le dit en termes quasiment identiques à la fin du Prince, il s'agit de montrer la nécessité de « libérer l'Italie de tous les barbares ». Mais un tel espoir ne peut plus être alimenté par la rhétorique. On ne tire des leçons de l'histoire qu'à condition de « rechercher la vérité des choses». Mais alors que Machiavel en appelle à son expérience, à ses lectures ou à la connaissance des actions des grands hommes, Guichardin, lui, invente en quelque sorte l'historiographie laïque moderne. Documents diplomatiques, correspondances privées, archives des grandes familles florentines, témoignages oraux, comptes rendus des commissaires aux armées, clauses des accords et des traités: il ne néglige rien pour sa recherche. Mais il donne surtout à l'historien l'outil de la discrezione, du discernement, un nouvel œil capable à la fois de saisir les détails qui font de la réalité un ensemble infini de circonstances, d'exceptions, de particularités, et, sous cette variété, de capter les constantes, ce qui demeure identique, le « mouvement lent » des choses humaines, la longue durée, dira-t-on plus tard.

Pour son Histoire des guerres d’Italie, il perçoit en outre et de manière complètement novatrice pour l’époque que pour comprendre les causes et les conséquences de l’invasion française, il fallait la situer dans le contexte de la politique européenne. Ainsi la description du déroulé des évènements est mis en perspective explicative et dynamique avec les interactions des différentes forces et parties directement ou indirectement prenantes à l’échelle du continent européen.  Ce n’est rien moins que l’un des premiers ouvrages d’histoire européenne que Guichardin écrit là, bien loin de la chronique, plus ou moins hagiographique, des historiens du Moyen-Age.

Exceptionnel exemplaire en grabnd papier dans son vélin rigide de l’époque. L’intérieur est littéralement immaculé, le papier fort et les marges immenses.

Juste introuvable dans cette condition.

 

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